Anatomie d’une sculpture Antoine Dufilho : matériaux, dimensions et éditions limitées

Derrière chaque sculpture d’Antoine Dufilho se cache un assemblage précis de matériaux nobles, un format mûrement réfléchi et un processus de fabrication rigoureux. Que l’on soit collectionneur averti ou amateur découvrant l’univers de l’artiste pour la première fois, comprendre ce qui compose physiquement une œuvre permet d’en saisir toute la valeur. De l’inox poli miroir au corten rouillé, de la pièce de collection de 80 centimètres à la monumentale de 7 mètres pesant plus de 5 tonnes, voici le décryptage complet de l’anatomie d’une sculpture Dufilho.
Les matériaux, langage de l’artiste
L’acier inoxydable sous toutes ses formes
L’acier inoxydable est le matériau signature d’Antoine Dufilho. Il se décline sous deux finitions principales aux effets radicalement différents. Le poli miroir renvoie la lumière et l’environnement, créant des reflets qui changent en permanence selon le point de vue du spectateur. On le retrouve sur les socles, les roues et certains fuselages. La Porsche 993 Solaire, par exemple, exploite cette propriété pour que les deux ensembles de plaques se reflètent mutuellement.
Le microbillé, à l’inverse, produit une surface satinée qui absorbe et diffuse la lumière de manière douce. Dans cette finition, la sculpture semble changer de couleur selon l’éclairage ambiant. La Porsche 992 Streamline en finition métal brut microbillé provoque un effet visuel qui évoque des filets d’air se déplaçant sur la carrosserie. Ces deux traitements sont parfois combinés au sein d’une même sculpture.
L’aluminium, du fuselage aux roues
L’aluminium intervient à plusieurs niveaux dans les sculptures. Pour les pièces de collection, les roues sont réalisées en aluminium massif poli, un choix qui confère un éclat et un poids spécifiques à cette partie essentielle de chaque œuvre. Les fuselages utilisent des plaques d’aluminium martelées et soudées, parfois habillées de peinture laquée. Sur les monumentales, l’aluminium prend la forme de lamelles : la Red Racing Flower, Ferrari 330 P4 exposée de manière pérenne devant l’hôtel Westminster au Touquet, est constituée de 100 lamelles d’aluminium laquées en rouge.
La capacité d’Antoine Dufilho à travailler l’aluminium sous toutes ses formes vient de son apprentissage autodidacte. Dès sa première sculpture en 2011, une Bugatti Type 35 en aluminium plein, il a expérimenté le moulage et la soudure pour développer progressivement l’esthétique qui le caractérise.
Du corten au carbone : les matériaux d’exception
Certaines sculptures font appel à des matériaux moins conventionnels. L’acier corten, avec sa patine rouillée naturelle, a été choisi pour la sculpture monumentale du Riva Aquarama, La Dolce Vita. Installée au Touquet depuis décembre 2024, cette pièce de plus de 7 mètres et 5,5 tonnes utilise le corten pour remplacer visuellement le bois des premiers Riva, créant un contraste saisissant avec l’inox poli miroir.
Dès 2013, Antoine Dufilho intégrait déjà l’ébène de Macassar dans sa Mercedes Streamliner pour évoquer la musculature anatomique, un clin d’œil direct à ses études de médecine. Plus récemment, l’artiste a franchi une nouvelle étape en intégrant le carbone dans sa Ferrari Enzo, ajoutant un matériau issu de la compétition automobile à sa palette.
Des pièces de collection aux sculptures monumentales
Le format collection : environ 80 x 36 cm
Les sculptures dites de collection partagent des proportions cohérentes. Les données vérifiées auprès de la galerie Marciano et de Marciano Contemporary confirment un format standard d’environ 80 x 36 cm, avec une profondeur variant de 17 à 20 cm selon les modèles. La McLaren Speedtail bleue, légèrement plus longue, mesure 85 x 38 x 21 cm. Le poids oscille autour de 30 kg, la GT40 Gulf Blue étant documentée à 32 kg.
Chaque sculpture de collection se compose d’un socle en inox poli, de roues en aluminium massif poli et d’un fuselage en aluminium ou en acier, selon la finition choisie. Les couleurs disponibles varient par modèle : rouge, noir, bleu, orange, vert, gris, métal brut ou encore la finition tricolore anodisée de la Ferrari 250 GTO Tricolore. L’ensemble des modèles de collection est visible sur la page galeries.
L’échelle monumentale : jusqu’à 7 mètres et 5,5 tonnes
Les sculptures monumentales constituent l’autre versant de l’œuvre de Dufilho. Leurs dimensions varient considérablement. La Gunmetal Symphony (Porsche 911 en tubes d’inox) mesure 4,30 m x 1,80 m x 1,40 m. La Red Racing Flower atteint 4,60 m x 1,93 m pour 1,7 tonne. La Formula One affiche 4,30 m x 2 m x 1 m et 1,2 tonne. Quant à La Dolce Vita, elle dépasse les 7 mètres de long pour 5,5 tonnes.
Ces pièces sont généralement des exemplaires uniques ou des éditions très restreintes. Certaines sont acquises par des municipalités pour une installation pérenne dans l’espace public, comme au Touquet où deux œuvres monumentales sont désormais installées en permanence.
Éditions limitées et processus de fabrication
8 exemplaires + 4 épreuves d’artiste : le choix de la rareté
Les sculptures de collection d’Antoine Dufilho sont produites en éditions limitées à 8 exemplaires, auxquels s’ajoutent 4 épreuves d’artiste. Ce format, vérifié sur l’ensemble des fiches techniques disponibles chez Marciano, Marciano Contemporary et les galeries partenaires, s’applique de manière constante à travers le catalogue : Ferrari 812 Superfast, Porsche 992 GT3 Touring, Aston Martin DB5, Alpine A110, Lamborghini Miura, McLaren Speedtail et toutes les autres références.
Ce choix de la rareté positionne chaque sculpture dans un segment de marché cohérent avec l’art contemporain en édition limitée. Il garantit aux collectionneurs une exclusivité réelle, chaque exemplaire étant numéroté et signé par l’artiste.
De 60 à 300 composants usinés au dixième de millimètre
Le processus de fabrication d’une sculpture Dufilho mobilise entre 7 et 30 jours de travail selon la complexité du modèle. Chaque pièce se compose de 60 à 300 composants individuels, usinés au dixième de millimètre. Cette précision héritée de sa formation d’architecte à l’École d’Architecture et de Paysage de Lille explique la qualité d’assemblage qui caractérise ses œuvres.
L’atelier de l’artiste, construit de toutes pièces à partir de containers maritimes dans la campagne lilloise, est le lieu unique où naissent toutes les sculptures. C’est là qu’Antoine Dufilho expérimente ses techniques, Streamline, Solaire, asymétrique, et qu’il développe les nouvelles approches qui font évoluer son travail depuis 2012. La Porsche 356 Asymétrique et la Ferrari 250 GTO Streamline comptent parmi les exemples les plus aboutis de ces recherches.