Ces voitures de légende que sculpte Antoine Dufilho

Sculpture automobile : ces voitures de cinéma qu’Antoine Dufilho fait revivre
Depuis 2012, Antoine Dufilho construit un catalogue de modèles, des Bugatti d’avant-guerre aux hypercars d’aujourd’hui. Beaucoup de ces voitures partagent un point commun. En effet, elles ont marqué le grand écran autant que la route. Et ce n’est pas un hasard. Chaque sculpture cherche à figer le mouvement, à saisir la vitesse dans un instant suspendu. Au fond, une caméra qui filme une course-poursuite fait la même chose. Simplement, le film fixe l’instant dans le temps. La sculpture, elle, le fixe dans l’espace.
La Mustang, une sculpture taillée pour la course
Dans le catalogue de l’artiste, la Ford Mustang incarne le muscle car par excellence. Silhouette ramassée, épaules larges, présence qui tient autant de la mécanique que de l’attitude. C’est cette énergie brute qu’une certaine image de cinéma a gravée dans les mémoires.
Impossible d’évoquer la Mustang sans penser à Bullitt (1968) et à sa course-poursuite dans San Francisco. Au volant, Steve McQueen lançait une Mustang vert sombre à pleine vitesse. Mais Dufilho ne raconte pas le film. Il retient la posture, la tension d’une voiture taillée pour l’asphalte. Sa sculpture ne copie pas la voiture de l’écran. Elle en capte l’esprit, ce mélange de puissance et de nervosité devenu culte grâce au cinéma.
L’Aston Martin DB5, l’élégance britannique en métal
Changement complet de registre avec l’Aston Martin DB5, que l’artiste a sculptée dans une finition bleue. Ici, plus de force brute. Des courbes longues, une retenue toute britannique, le raffinement d’un grand tourisme des années 60. La DB5 impose le respect sans hausser le ton.
C’est précisément ce qui en a fait, dès Goldfinger (1964), la voiture de James Bond la plus célèbre du cinéma. Elle est ensuite réapparue dans sept autres films de la saga. Cette silhouette tendue, faite de lignes fluides, offre un terrain de jeu idéal à la sculpture cinétique. En la décomposant en lames, Dufilho révèle le dessin caché sous l’élégance. Il dévoile le rythme d’une carrosserie que l’œil croyait pourtant connaître.
La Ford GT40, l’esprit de l’endurance
Avec la Ford GT40, on entre dans le territoire de la course pure. Basse, son nom vient de ses quarante pouces de hauteur. Dessinée pour avaler les lignes droites du Mans, elle reste l’archétype du prototype d’endurance. Dans l’interprétation de l’artiste, sa ligne plaquée au sol devient un pur exercice de vitesse figée. Le spectateur recompose alors la voiture en tournant autour.
La GT40 porte aussi l’une des plus belles histoires du sport automobile, popularisée par Le Mans 66. Ce duel voit Ford détrôner Ferrari aux 24 Heures du Mans en 1966. Face à elle, Dufilho a également sculpté la Ferrari de la lignée 330 P. Sa sculpture monumentale Red Racing Flower, inspirée de la 330 P4, déploie ses lames rouges devant l’hôtel Westminster, au Touquet. Deux rivales de légende, réunies dans un même langage de métal.
Du bitume au ciel : Rafale et Concorde
L’univers de l’artiste ne s’arrête pas à l’automobile. Depuis quelques années, il porte sa recherche vers le ciel. Sa sculpture s’empare désormais d’appareils mythiques, du Rafale de Dassault au Concorde. La même fascination s’y exprime. Il s’agit toujours de décomposer une machine conçue pour la vitesse, afin d’en révéler le souffle et la trajectoire.
Là encore, le cinéma n’est jamais loin. L’imaginaire du film d’aviation, popularisé par Top Gun, a installé dans nos têtes le frisson du vol. Antoine Dufilho s’inscrit dans cet imaginaire sans le copier. Ses avions ne sortent d’aucun film précis. Ils prolongent simplement sa quête du mouvement, de l’automobile à l’aéronautique.
La sculpture, ou la machine transformée en émotion
Qu’il s’agisse d’une Mustang, d’une Aston Martin, d’une GT40 ou d’un chasseur, le fil reste le même. Ces machines ont marqué le cinéma parce qu’elles dégagent une émotion immédiate, avant toute analyse. C’est ce déclencheur que recherche chaque sculpture d’Antoine Dufilho. Le spectateur aborde d’abord l’œuvre par la passion ou le souvenir. Puis, en tournant autour, il découvre le travail sur le plein, le vide et la lumière.
Le cinéma a fait de ces voitures des légendes. La sculpture, elle, les fait entrer dans l’art. Ces machines avaient d’ailleurs marqué l’histoire bien avant le cinéma, comme le rappelle la fiche de la Ford Mustang. Pour parcourir l’ensemble des modèles, rendez-vous sur la page sculptures monumentales et les actualités de l’artiste.