La passion automobile comme héritage : ce qui se transmet vraiment

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La passion automobile ne s’enseigne pas. Elle se montre. Antoine Dufilho n’a pas appris à aimer les voitures dans un livre : il a grandi dans l’univers de son grand-oncle Jacques, comédien, peintre et sculpteur, collectionneur de Bugatti. Ce n’était pas une leçon. C’était une présence. Une façon d’habiter les choses.

Personne ne lui a dit que c’était beau. Il l’a vu. Et il ne l’a plus oublié.

La passion automobile en famille

Le lien entre les Dufilho et Bugatti

Entre le nom Dufilho et la marque Bugatti, il existe un lien tissé par plusieurs générations. Jacques, grand-oncle d’Antoine, a eu la chance de collectionner des Bugatti. Cette passion automobile fut transmise à son neveu, puis naturellement le flambeau est passé à Antoine.

Cet amour des Bugatti, combiné à une vision artistique de l’automobile, est ce qui a conduit Antoine Dufilho vers la création de ses premières sculptures. C’est en travaillant l’aluminium pour sculpter une Bugatti qu’il s’est lancé, elle qui était l’un des bijoux du garage de son grand-oncle. La première oeuvre date de 2011. La deuxième, la Bugatti Atlantic, inaugure en 2012 une sculpture faite de pleins et de vides avec une structure apparente. La grammaire visuelle qui allait définir tout son travail commençait à s’écrire.

Un parcours construit autour de l’automobile et de l’art

La passion automobile n’est qu’un des fils de l’histoire d’Antoine Dufilho. Son parcours en dit plus long : des études de médecine d’abord, pour apprendre la rigueur et comprendre la mécanique humaine. Puis l’Ecole d’Architecture et de Paysage de Lille, où il développe une nouvelle approche de la sculpture, une fascination pour le travail de l’ossature qui, une fois mise à nu, dévoile une succession de pleins et de vides.

Il construit ensuite lui-même son atelier dans la campagne lilloise, à partir de containers maritimes. C’est dans cet espace qu’il crée depuis lors toutes ses œuvres, expérimentant la soudure et le moulage, construisant progressivement l’esthétique de son art. Autodidacte sur le plan technique, représenté aujourd’hui dans plus de 40 galeries, il expose en France et à l’étranger.

Transmettre la passion automobile : ce que ça signifie vraiment

La transmission d’une passion automobile n’a rien à voir avec une démonstration. Elle tient dans l’intensité que quelqu’un met dans ce qu’il fait, et dans l’attention que ça suscite chez celui qui regarde.

Ce que Jacques Dufilho transmettait, ce n’était pas seulement le goût des Bugatti. C’était une manière d’être attentif aux formes, aux matières, à ce qui est fait avec soin. Cette attention-là, elle ne se perd pas. Elle se transforme. Elle devient de l’architecture. De la sculpture. Un atelier construit de ses mains au fond de la campagne lilloise.

Les grandes passions fonctionnent comme cela. Elles ne s’enseignent pas. Elles se vivent devant l’autre.

Les voitures qu’on sculpte et celles qu’on conduit

Il existe deux catégories de voitures dans la vie d’un passionné. Celles qui relèvent de l’histoire, du patrimoine, de l’art. Et celles du quotidien.

Les Ferrari 250 GTO, les Porsche des années 70, les Bugatti Type 35 : Antoine Dufilho les traite comme des œuvres. Il les décompose en strates de métal, en jeux de lumière et de vide. Il ne les reproduit pas. Il capte ce qu’elles dégagent. Leur ligne de force. L’émotion qu’elles provoquent avant même qu’on sache leur nom.

En dehors de l’atelier, la vie continue. Les expositions au Touquet, à Paris, à Megève, au Grand Prix de France. Les déplacements entre ateliers, galeries et salons demandent un véhicule adapté : de l’espace, de la fiabilité, une vraie capacité de chargement. Pour les familles et les professionnels qui couvrent de longues distances, le choix d’une voiture 7 places peut changer la qualité de chaque trajet.

Quand la sculpture rend la passion automobile accessible

Des œuvres dans l’espace public

La sculpture automobile a ceci de particulier : elle parle à ceux qui ne sont pas initiés.

Un visiteur qui ne sait pas distinguer une Ferrari d’une Lamborghini peut être touché par une sculpture de plusieurs mètres posée dans l’espace public. Pas parce qu’il reconnaît le modèle, mais parce qu’il ressent quelque chose. La présence de l’objet. La qualité de l’attention qu’il a fallu pour le fabriquer. Le fait qu’on puisse regarder une voiture autrement que comme un moyen de transport.

C’est par ce biais que beaucoup de visiteurs des expositions d’Antoine Dufilho commencent à s’intéresser à l’histoire des modèles représentés. La sculpture devient une entrée. Une porte.

La Red Racing Flower et La Dolce Vita au Touquet

Au Touquet, deux œuvres monumentales d’Antoine Dufilho coexistent dans l’espace public, accessibles à tous, sans billet d’entrée.

La Red Racing Flower, inspirée de la Ferrari 330 P4 des 24h du Mans, mesure 4m60 de long sur 1m93 de large et pèse 1,7 tonne. Elle est composée de 100 lamelles d’aluminium laquées en rouge, toutes d’un angle différent, qui s’ouvrent à la manière d’une fleur. Installée de manière pérenne devant l’hôtel Westminster, elle change de forme selon le point de vue du spectateur. L’objet statique semble en mouvement.

A quelques centaines de mètres, La Dolce Vita est exposée depuis début décembre 2024. Inspirée de l’Aquarama de Riva, cette sculpture monumentale combine l’acier corten et l’acier inoxydable poli miroir. Le contraste entre les deux matériaux crée une profondeur qui renforce l’élégance de l’ensemble.

Deux œuvres, deux matières, deux époques de travail d’un même artiste. Et pour ceux qui passent devant sans savoir qui les a créées, la même question qui s’impose : qui a fait ça, et pourquoi ?

L’Agility et le centenaire de la Bugatti Type 35

L’Agility illustre une autre dimension de cette transmission. Créée pour le centenaire de la Bugatti Type 35, cette sculpture monumentale en acier inoxydable microbillé adopte un traitement organique qu’Antoine Dufilho n’avait jamais utilisé jusqu’alors. Les plaques disposées de manière naturelle donnent l’illusion que la voiture est en plein mouvement, comme si elle sortait tout droit d’une course.

C’est la première fois que l’artiste crée une sculpture dans une posture qui semble figée en pleine accélération. Ceux qui ne connaissent pas l’histoire de la Type 35 ressentent d’abord l’élan. Le reste vient après.

La passion automobile comme langage commun

À chaque exposition, les générations se croisent. Des collectionneurs qui ont connu les courses en direct. Des passionnés qui ont grandi avec les affiches et les revues spécialisées. Des visiteurs qui découvrent les modèles pour la première fois. Tous regardent les mêmes sculptures, chacun avec ses références.

C’est peut-être ça, la définition d’une passion automobile qui dure : quelque chose qui continue de parler à ceux qui viennent après, sans avoir besoin de traduction.

Jacques Dufilho ne cherchait probablement pas à faire d’Antoine un sculpteur. Il vivait sa passion devant lui, au milieu de ses Bugatti. C’était suffisant. La suite, Antoine Dufilho l’a écrite lui-même, dans la campagne lilloise, avec de l’aluminium, de l’inox et des années de travail.

Photo : Eric Ceccarini.


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